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LE BILAN SONS PUBLICS 2009

Cette année, il nous a semblé que la ville entrait dans une douce folie, comme si la légèreté des propositions rassemblées irriguait l’humeur de chacun en imposant son propre tempo, sa propre poésie. Un vent de tendresse artistique et humaine a soufflé sur la ville, comme pour donner à voir d’autres possibles.

Les propositions théâtrales, foraines, musicales sont entrées en résonance aux quatre coins de notre espace public pour inventer cette semaine de fête, ces moments de joie et de retrouvailles en art. L’invention et la souplesse du Cirque Aïtal semblaient répondre à la douceur de l’Opéra (qui a connu trois standing ovation, notamment pour la belle soirée Napolitaine en création). La déambulation de vélos stylistes de The sound of sewing répondait quand à elle à cette étrange maison miniature de Where are the fine things you promised me ?. La déambulation du Safari intime à la douceur aveugle des Promenades blanches. Une nouvelle fois, grandes et petites formes ont su se retrouver dans un même mouvement poétique.

Avec 100 à 150 000 spectateurs répartis sur 44 propositions et 300 artistes, l’édition a connu une fréquentation payante de 87%, le cirque Ronaldo étant le seul à ne pas faire le plein tous les jours place du Général de Gaulle. Toutes les propositions gratuites ont une nouvelle fois rencontré les foules. Les 30 000 personnes présentes les deux soirs sur les quais Saint-Cyr pour Installations de feu de la Compagnie Carabosse resteront dans les mémoires, notamment comme l’amorce d’une autre manière d’appréhender la circulation sur les berges de Rennes. Plus qu’une anecdote, une correspondance, les spectateurs, captivés par les aventures en liberté scénique des Islandais de Sigur Ros dans le film Heima, savaient-ils que, moins de douze heures plus tard, à la ferme de la Taupinais, un même événement prendrait magnifiquement sa place avec le concert acoustique de Santa Cruz dans un non lieu de concert ? Comme des images rêvées sortant de l’écran pour se matérialiser sous nos yeux et la confirmation qu’il faut chaque fois prendre des risques en bousculant les habitudes et les attentes pour créer d’authentiques moments de rencontre.

Une autre satisfaction est bien sûr la réussite du village Cleunay, ce quartier qui a su trouver sa forme, en regroupant en convivialité à la fois habitants et spectateurs malgré son caractère excentré. Cirque et musique ont su se répondre, malgré la déception de l’annulation de Soap&Skin. Le festival ne faisait qu’un, qu’elles que soient les distances, dans tous les espaces de la ville. Le Thabor a encore donné toute sa mesure, de nuit comme de jour, dans un même mouvement de retrouvaille et de rencontre en convivialité, passant des excentricités acoustiques de Captain Frank aux rythmes de fanfares ou du Super Rail Band de Bamako. De même, la satisfaction de la rencontre des Tombées de la Nuit avec l’opération Transat en ville organisée par la municipalité, avec deux échelles qui se sont retrouvées en complémentarité et en parfait fonctionnement sur la place de la Mairie, avec notamment le superbe Deiz Noz, réalisé avec la complicité de Skeudenn Bro Roazhon qui a vu le retour (10 ans après, jour pour jour) de Jacques Pellen aux côtés de Syvain Barou. La certitude d’une expérience à reconduire…

Et puis, comment résister au travail exceptionnel de We can be heroes qui a fait l’unanimité en repoussant toujours plus loin les frontières entre rue, scène, théâtre, musique, pratique amateur et émotions authentiques ? Une idée, une croyance, une envie de créer de la rencontre au-delà des genres et de frontières imposées qui nous semble bien résumer notre festival.

Il n’est pas l’heure de l’autocongratulation. Mais, néanmoins, ce qui avait été rêvé, inventé, fantasmé, sur le papier et dans les esprits a pris corps dans la ville, insufflant de la joie, de l’émotion et des rires. La seule récompense qui vaille avant de nous remettre au travail.

Merci à tous et à l’année prochaine,

Restons curieux

L’équipe du festival