LE PROJET ARTISTIQUE

Les Tombées de la nuit invitent les spectateurs à des temps forts successifs dans des lieux multiples, dans Rennes. C’est pour continuer à faire vivre son projet artistique de départ que les choses bougent.

Aux Tombées, tout part des artistes et de leurs propositions. « On ne se donne aucune limite en terme de famille artistique, explique Claude Guinard, directeur des Tombées de la nuit . Les formes classiques de spectacles sont déjà bien représentées dans la ville, on préfère donc s’en éloigner. » Il ne s’agit pas de traquer la niche à tout prix. « On n’est pas des programmateurs de spectacles. On se demande plutôt comment et où raconter au mieux l’histoire apportée par l’artiste ». Même s’il faut pour cela sortir des cadres.

Le projet prend en compte l’endroit où il se trouve. Il jongle avec l’espace, s’appuie, s’inspire ou détourne le territoire pour que l’art y prenne encore plus de sens. Les TDN aiment recycler en « scènes » des lieux de la vie quotidienne« pour que la culture ne reste pas dans sa tour d’ivoire ». L’équipe met la place du spectateur au coeur de ses réflexions. Ici, celui-ci n’est pas en retrait. « On travaille le rapport entre l’oeuvre, le contexte et des spectateurs complices : jusqu’à quel degré peuvent-ils interagir, participer ? » En proposant la performance artistique des Veilleurs de Rennes, qui a impliqué 730 habitants pendant un an, l’équipe a poussé loin cette réflexion.

Les Tombées de la nuit s’étendent désormais tout au long de l’année, tout en conservant le grand rendez-vous du festival d’été. « Cette nouvelle temporalité met en lumière notre mission d’accompagner des artistes et des projets », souligne Claude Guinard. Plutôt que de proposer 50 spectacles d’un trait, les TDN en offrent désormais une trentaine par an, qui seront chacun plus visibles. « On ne se limite pas aux spectacles événementiels. Les créations plus légères question budget constituent autant l’ossature de notre projet artistique. »