LES HABITANTS COMPLICES

Les artistes, les Tombées et les habitants complices

Ils ne sont pas que des spectateurs, ni vraiment des « bénévoles ». Les Tombées de la nuit nouent avec leur public une relation très particulière, jusqu’à embarquer dans leurs aventures des habitants complices.

Palais Pasteur, fin de journée. Des assiettes de chips, des verres s’entrechoquent et les discussions pétillent. Pot entre collègues ? Réunion de famille ? L’équipe des Tombées prend la parole devant cette drôle de communauté et présente les projets à venir, proposant à qui veut d’y participer. Vous voici à l’une des quatre « causeries de saison », ces moments conviviaux qui réunissent des habitants liés au festival, parce qu’ils s’y sont impliqués. Pour les Tombées, programmer des spectacles dans l’espace public, c’est aussi faire équipe avec ceux qui y habitent. « Pour que le public ne soit pas dans la simple consommation et qu’on ne fasse pas que cohabiter avec les voisins des spectacles, on les invite à venir jouer avec nous ». L’équipe tisse ce lien comme une valse en trois temps.

AVANT

Quand un spectacle a trouvé son lieu, l’équipe part à la rencontre du voisinage : les habitants, les élus, les associations. « On arrive avec une programmation bouclée, mais beaucoup de choses restent à construire. » Un groupe chantera dans une création, une association profitera de l’événement pour exposer ses toiles. « On n’est pas là pour kidnapper un lieu ou un public, mais pour accompagner les voisins du festival à inventer quelque chose autour, pour leur donner de la visibilité. » Sans forcer les choses. Le rendez-vous est spécialiste des spectacles implicatifs. « On sert de tremplin aux habitants qui veulent être bousculés ou s’investir dans une expérience artistique, souligne l’équipe. On crée les conditions pour que l’énergie des artistes rencontre l’enthousiasme des habitants. » Les TDN invitent des spectateurs au coeur des spectacles, à venir danser, veiller, figurer, réciter un texte ou tenir le bar.

PENDANT

En programmant des spectacles sur une large zone géographique et dans des lieux pas conçus pour, les TDN donnent aux habitants la possibilité d’interagir avec des propositions inhabituelles. Chaque année, un espace physique est imaginé pour que les artistes, l’équipe technique, l’organisation et les habitants se mélangent « pour dédramatiser le rapport à l’artiste paillettes ».

APRES
Le festival veut faire perdurer dans la durée les liens avec ces compagnons de route… et vice versa ! Ils sont 200 à former le collectif d’habitants des Tombées de la nuit, qui se rencontrent aux causeries de saison, deviennent ambassadeurs sur une Randonnée de spectacle ou s’impliquent dans une nouvelle aventure, l’été venu. « C’est l’ambiance du festival qu’on promène pendant toute l’année », se réjouit l’équipe des TDN.